Commission santé et protection sociale du Parti communiste français

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Don de Sang, Médicaments Dérivés le LFB doit rester un établissement public éthique

Le Laboratoire du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB) établissement 100% public, 1600 salariés en France, 500 dans ses filiales à l'étranger, connait de graves difficultés. Cet établissement produit, à partir du sang des donneurs bénévoles, les "Médicaments Dérivés du Sang" (MDS) pour environ 500 000 malades moyenne/an de notre pays, victimes de maladies rares, de déficits de coagulation ou immunitaires, de maladies auto-immunes ainsi qu'en "soins intensifs" dans les hôpitaux. Les MDS du LFB sont "éthiques", c'est à dire "hors commerce". Mais les institutions européennes ont imposé la concurrence avec des multinationales qui ont accès à nos hôpitaux transformés en "marché".

L'usine principale du LFB, située à Lille, vétuste, victime de pannes qui ont entrainé la destruction ou la suspension de"lots" de médicaments est à l'origine d'une partie des difficultés. Dans une note du 31/10/18, l 'ANSM a listé les dates de rupture de stocks des divers médicament et formulé des solutions de remplacement.

Les autre difficultés proviennent de la construction, en cours à Arras, d'une usine moderne dont le projet lancé en 2016 a été mal évalué : 250 millions d'euros supplémentaires sont nécessaire.
 
Dans ce contexte, le 20/12/18 une information nouvelle survient, par un article des "Echos". L'Agence des participations de l’État et la direction du LFB  ont lancé une procédure d'ouverture du capital du LFB en mandant  deux banques . Et le 21 décembre,  "Les Échos" encore, annoncent que le géant pharmaceutique suisse Novartis va acquérir la filiale 100% LFB "CellforCure" spécialisée dans les thérapies cellulaires, un bijoux, 1er établissement européen à avoir développé cette activité en 2013,  mais après d'énormes investissements de R&D.
 
En février 2019, les évènements se précipitent .
Le 6 février, lors d'un CCE extraordinaire a été annoncé un "projet de recentrage sur le corps de métier" passant par la suppression de 120 emplois dont la totalité du secteur de recherche de l'usine de Lille, la réduction des moyens de R&D sur les autres sites, la réduction aussi du secteur commercial, "focalisé" sur les "produits et clients prioritaires". Ce "dégraissage" vise un "Ratio" dégageant des profits pour appâter des investisseurs privés.
 
Ce même 6 février, dans son rapport annuel, la Cour des Comptes préconise l'abandon  par le LFB des activités de "Biotechnologies" privant à l'avenir notre pays  des recherches déjà engagées, certes au dessus des capacités financières du LFB, recherches que vont accaparer des multinationales dont le suisse Novartis. "La "Cour" préconise aussi la rémunération du "Plasma" des donneurs de sang en utilisant la perversion européenne du mot "indemnisation".
 
L'ouverture du capital aux intérêts privés signifie que le sang donné bénévolement par un million 600 000 donneurs produirait des dividendes pour les investisseurs . Les donneurs de sang seraient transformés en vendeurs. C'est contraire à tous les principes éthiques, c'est inacceptable.
Le LFB a une mission de "Service Public". Il doit pouvoir fournir la totalité du panel de "Médicaments Dérivés" dont les patients ont besoin. Inacceptable aussi la volonté de démanteler  l'établissement en vendant le bijoux technologique "CellforCure" pour résorber la dette et financer la construction de l'usine de ARRAS.
 
L’État doit assumer sa responsabilité,  d'une part, financer le développement de l'établissement public LFB, pilier de notre système de santé publique. D'autre part ses services devraient réfléchir à ce qu'à l'avenir le LFB puisse être le support  de la R&D et production de thérapies nouvelles qu'il faut soustraire au seul  appétit des multinationales. Exemple le "Kymriah" est produit "à façon" par le LFB pour Novartis qui facture le traitement .... 430 000 euros à la Sécurité Sociale.

J'alerte les donneurs de sang, les soignants, les citoyens, une opération de grande envergure se prépare pour pervertir notre système transfusionnel. Ne laissons pas faire !

Jean-Pierre BASSET

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