Commission santé et protection sociale du Parti communiste français

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CHU de Rennes - 3 questions à Pascal Pabois

Alors que les salarié-es du CHU de Rennes sont mobilisé-es depuis le 24 avril dernier et en grève depuis le 21 mai, À coeur ouvert donne la parole à Pascal Pabois, délégué syndical SUD. Entretien.

Vous êtes mobilisé/es depuis le 24 avril et en grève depuis le 21 mai dernier : qu’est-ce qui a motivé vos actions ?
 
La construction du nouveau bâtiment du Centre urgences réanimation (CUR) du CHU est réalisée dans un contexte de restrictions budgétaires. Nous considérons que ce bâtiment moderne doit être un atout pour assurer une qualité d’accueil et de soins et répondre aux exigences de notre mission de service public. Nous sommes donc, comme le personnel du CHU, bien évidemment d’accord et motivés pour ce projet architectural ambitieux et adapté à notre époque. Malheureusement, le rêve de l’architecte se révèle être un cauchemar pour le personnel, car l’objectif de ce bâtiment est avant tout comptable.
 
Un sous-effectif organisé pour augmenter les capacités d’accueil (70 000 passages prévus... + 20 000) sans
dépenser un euro de plus en personnel paramédical. Concrètement, cela se traduit par la mise en place d’organisations de travail illégales, épuisantes et dangereuses, et le non-respect de la vie privée des salariés.Ces raisons ont motivé la grève.
 
Au milieu de l’ère de la concurrence libérale, la vraie « modernité » est bien de réclamer les effectifs nécessaires pour une vraie politique de santé publique.
 
Comment ce projet de la direction du CHu se traduirait-il pour les salariés et les patients, s’il aboutissait ?
 
La direction s’appuie sur les retards dans les programmes opératoires, les modifications incessantes dans les organisations et programmes opératoires, l’impossibilité de prendre de véritable pause déjeuner, des heures supplémentaires à répétition et imprévisibles qui perdurent depuis des années.
 
À l’ouverture du CUR, plutôt que de régler ces problèmes, la direction prétend tout solutionner en imposant aux infirmiers des blocs opératoires de nouveaux horaires de travail avec une amplitude horaire de 10H au lieu de 8H, mais dans l’incapacité d’apporter la moindre garantie à leur dépassement conditionné par le bon vouloir de l’organisation des équipes médicales. Les infirmiers spécialisés des blocs opératoires ne sont pas la cause de ces mauvaises organisations.
 
Pourtant alertée pendant le Comité médical d’établissement du 24 avril dernier par la lecture d’un texte et la remise d’une pétition massivement signée, la direction est restée muette depuis, semblant ignorer l’évidence : fatigue, perte de vigilance et de concentration, autant de facteurs de risques aussi pour les patients qui démontrent qu’il n’est pas concevable de travailler en 10H dans un bloc opératoire. De plus, cette amplitude horaire impacte très sévèrement la vie sociale et familiale.
 
Mais la vérité est ailleurs ! La direction nous a révélé que d’autres organisations n’étaient pas envisagées ni vraiment étudiées car incompatibles avec leurs objectifs d’austérité financière. C’est encore pour accroître l’activité du CHU à moindre coût que la direction tente de pressuriser encore un peu plus le personnel. Quand on ouvre un bâtiment neuf à effectif constant, c’est le personnel qui le paye !
 
Les infirmier-ère-s de blocs opératoires revendiquent le maintien des amplitudes de travail en 8H, avec la création de postes nécessaires au bon fonctionnement des blocs opératoires pour limiter les dépassements horaires.
 
 
Que pensez-vous de l’affirmation d’un certain nombre de syndicalistes selon laquelle il faudrait laisser du temps au gouvernement ?
 
L’absence de débat sur la santé publique lors de la dernière élection présidentielle nous avait déjà mis en alerte sur le peu de changement que nous réserve le nouveau président de la République. Même si la ministre de la Santé annonce dans les médias quelques maigres modifications sur le financement des établissements publics et privés et de la loi Hôpital, patient, santé, territoire (loi Bachelot). La logique de restriction budgétaire, qui a plongé les hôpitaux publics dans des déficits organisés, ne semble pas être enrayée par le nouvel exécutif ministériel. C’est pourquoi nous poursuivons nos luttes au quotidien, comme nous l’avons toujours fait, car si les politiques ont changé, la politique, elle, ne change pas.
 
Notre système de protection sociale est unique dans le monde, nous sommes un exemple pour les autres pays, nous continuerons à démontrer notre volonté de faire perdurer et étendre le champ de notre système de protection sociale, quand certains n’y voient qu’une manne financière qui leur échappe.
 

Le discours rampant de ce moment sur le coût du travail veut nous faire oublier que le travail est en fait une richesse. 

 

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