Commission santé du Parti communiste français

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Pour le retrait du plan autisme

Intervention de Jean Luc Gibelin au nom du PCF et du FDG Santé au meeting unitaire psy du 1er juin 2013.

Si nous demandons le retrait du plan autisme, nous considérons néanmoins qu’il pose de vrais problèmes auquel il est grand temps d’apporter des réponses réelles et concrètes :

Oui, les ruptures de soins et de prise en charge, notamment au moment des passages de tranches d’âge, par manque de relais entre structures et dispositifs, sont intolérables

Oui le manque de moyens, en terme de personnels qualifiés, de places et de structures adaptées, qui n’a fait que s’aggraver au fil des 30 dernières années doit cesser

Oui le manque de soutien accordé à la souffrance des parents, parallèlement à la prise en charge de leur enfant, doit cesser

Malheureusement les préconisations du Plan autisme ne répondent à aucune de ces questions.

Pire, il s’agit d’un « Cheval de Troie » qui va se changer en véritable arme de guerre contre ce qui subsiste de psychiatrie humaniste.

Pourquoi ?

Alors que l’on sait que l’autisme est à causes multiples (génétiques, neurologiques, psychiques,…) les recommandations de l’HAS reprises par le Plan Autisme ne retiennent que le trouble neurodéveloppemental excluant donc de cette recherche clinique les équipes utilisant une référence psychodynamique ou psychanalytique.

Cette recherche clinique devant être croisée avec l’EBM (Evidence Based Medecine). Il s’agit en fait de la compilation des communications en anglais dans les revues anglo-saxonnes, fondées sur une méthodologie ne prenant en compte que les travaux randomisés en cohorte. Ce qui exclut l’essentiel de la recherche française, fondée sur des analyses cliniques de cas monographiques. Comme le soulignait le rapport Million au Sénat en décembre.

On le voit, c’est une caricature de démarche scientifique. C’est une imposture scientifique visant à ne confirmer que ce que l’on veut faire croire.

Cela devient une théorie de l’Etat.

La logique de rentabilisation et de marchandisation de la santé n’a cessé de se développer au travers de réformes comme la loi HPST. Si toutes disent œuvrer dans l’intérêt des patients et de la qualité des soins, elles instrumentalisent l’HAS pour arriver à leur fins.

Nous dénonçons le caractère antidémocratique de cette HAS. On nous dit qu’elle serait indépendante du pouvoir. Il n’en est rien ! Puisque ses membres sont nommés et désignés par le Président de la République. Il n’est pas inutile de rappeler que ce sont les Ordonnances Juppé qui ont instauré l’HAS. Nous voulons réaffirmer notre opposition à ces ordonnances depuis leur publication. Nous avions demandé leur abrogation en 1997, nous n’avons pas été suivi par la majorité socialiste de l’époque. Les ordonnances sont donc encore en activité, l’HAS aussi.

L’HAS est bien un appareil d’Etat. Mais un Etat positionné maintenant clairement au service du libéralisme et de la déréglementation sociale.

L’Etat utilise la Has, la met en avant en fonction de ses besoins. Là il s’agit d’en finir avec la politique de secteur et la continuité des soins en psychiatrie, donc on la met en avant et on met en œuvre une machine de guerre qui va à terme interdire toute pratique remettant en cause ces dogmes libéraux.

Mais lorsque l’HAS pourrait démontrer que certains dispositifs, certains traitements sont dangereux (Médiator,…) elle se tait. Cela permet aux actionnaires de gagner des années de profits.

Pour en finir avec cela, nous proposons au contraire, d’innover et d’inventer des modalités de contrôles démocratiques pour les professionnel-le-s et les usagers, les ayants-droit à la santé.

Concernant l’autisme et probablement plus globalement la psychiatrie, le piège tendu est celui d’une opposition irréductible entre « techniques cognitivo comportementales » et approches psychodynamiques.

En instrumentalisant les approches cognitivo comportementales on tend à faire croire qu’elles seraient irréductiblement opposées aux approches psychodynamiques et analytiques. Mais surtout on laisse croire qu’une seule peut être valable et que l’autre doit disparaître.

C’est d’ailleurs un piège dans lequel sont tombés certains psychanalystes qui demandent en retour l’interdiction des TCC.

Concernant la recherche, nous considérons qu’il faut donner les moyens à la pluralité des approches et des champs (génétique, biologique, psychanalytique, cognitive, comportementale,…) fondés sur la clinique et favorisant le croisement de leurs travaux et la recherche de complémentarités. C’est d’ailleurs sur cette base autour notamment d’Henri Ey qu’a pu se développer la psychiatrie à la française. A cette époque tous les courants se retrouvaient et pouvaient échanger, confronter leurs approches. D’ailleurs aujourd’hui la quasi-totalité des psychiatres d’adultes, se référant à la psychanalyse ne se privent pas de prescrire des médicaments en parallèle de leur approche relationnelle.

En tant que parti politique, il ne nous appartient pas d’intervenir dans les choix professionnels sous réserve du respect des individus, des formations, des qualifications.

La démarche que sous tend le plan autisme, aboutit à une vision de l’humain réduit à son symptôme, à son trouble qu’il faut normaliser. Il ne parle plus de maladie mais d’anomalie… Cela va aboutir à une psychiatrie qui n’aura plus pour mission que de traiter des symptômes, normaliser des populations et des individus ; C’est ce que préconisent les différents rapports de Cléry Mélin en 2003 qui disait explicitement que la psychiatrie devait se limiter au dépistage et au traitement de la crise, puis devait passer la main au médecin généraliste pour le soin et éventuellement au médico-social pour l’accompagnement et l’étayage psychosocial ;

Le rapport Couty en 2009 reprenait ce principe en ne parlant pas une seule fois de continuité des soins, mais que de continuité de la prise en charge. Ajoutant que l’hospitalisation ne devait plus être sectorisée mais globalisée et organisée autour de centres régulateurs du type SAMU, incluant dans ce dispositif - HPST oblige – l’hospitalisation privée à but lucratif ! A qui on ouvre dans le cadre de la RGPP les missions d’intérêt publiques, le service public étant amené à se réduire sur ce que ne veut pas le secteur lucratif.

Il est de notre rôle dans le cadre du débat démocratique de notre société, de définir quelles sont les missions dévolues à la psychiatrie. Pour nous c’est clair la mission que doit assigner la Nation à la psychiatrie n’est ni de se réduire à traiter des symptômes et la crise, ni de normaliser des comportements et des populations, mais de soigner des personnes qui souffrent !

Et pour réinventer cette psychiatrie à la française renouant avec les fondements humanistes de la psychiatrie à la française nous considérons que cela ne pourra se faire sans l’intervention démocratique de tous, que nous soyons, professionnels, patients, proches ou simples citoyens.

Deux dates dans le calendrier :

La manifestation nationale du 15 juin pour un service public de santé et d’action sociale initié par la fédération CGT Santé et aujourd’hui avec un appel unitaire large.

Pour notre part, nous mettrons à disposition un espace dans le cadre de la fête de l’Humanité pour continuer le débat pour une autre psychiatrie. Car ne l’oublions pas, ce débat concerne chaque citoyen puisque comme le disait Bonnafé « 

Une société se mesure à la manière dont elle traite ses fous » et comme le disait Tosquelles « C’est la part de folie en chacun de nous qui fonde notre humanité. »

Nous défendons une conception du soin et de la prise en charge où l’on mette l’humain d’abord !

Il y a actuellement 16 réactions

  • en 2004 la france a été

    en 2004 la france a été condamnée par le conseil de l'europe pour défaut d'éducation des enfants autistes, la meme année il y a eu le rapport de l'inserm : 0 pointé pour la psychanalyse dans tous les items étudiés, en 2007 le comité consultatif national d'éthique a remis un avis sur le retard accumulé par la france dans l'autisme grace aux charlatans de la psychanalyse, en 2005 la HAS a édité des recommandations de bonnes pratiques de diagnostique signées par la fédération française de psychiatrie qui n'est pas appliqué par certains psychiatres continue de poser des diag de psychose sur des enfants...en 2011 le rapport de la sénatrice UDI valérie létard redit les retards et maltraitance par défaut des enfants autistes en 2012 la HAS rejoint tous les autres pays européens qui ont appliqués les TCC depuis bien longtemps : resultats un taux d'inclusion scolaire des enfants autistes que nous mettrons des decennies à rattraper et enfin le troisième plan autisme ! imparfait car il aurait été profitable aux enfants de commencer à transférer l'argent public des HdJ vers les associations de parents qui appliquent les recommendations de la HAS. vous écrivez que : "Alors que l’on sait que l’autisme est à causes multiples (génétiques, neurologiques, psychiques,…) "! l'autisme a une cause psychique? la maltraitance des enfants autistes va perdurer grace à vous. J'ai toujours voter à gauche, quelquefois fois pour le PCF cela ne m'arrive plus jamais.

    Par sylviedebiga, le 04 juin 2013 à 07:49.

  • Quand on ne sait pas de quoi on parle...

    Ou comment,sous couvert d'humanisme,faire accepter aux gens qu'un autiste n'a pas sa place dans la société au milieu de ses concitoyens...Beurk,je vais vomir....

    C'est ce qu'on pourrait appeler l'exception à la française,une exception qui consiste à considérer des "théories" plutot que des preuves scientifiques qui ont fait le tour du monde mais se sont malheureusement heurtées à nos frontières,notamment du fait des pressions exercées par des corporations d'obédience psychanalytique qui récusent encore à ce jour l'origine neuro-génétique de l'autisme ainsi que les avancées scientifiques.

    Des familles vivent des doubles,voire des triples peines dans l'indifférence générale...Signalements,menaces de retrait,voire retrait de la garde de l'enfant si le tuteur de l'autiste ne "coopère" pas avec les décisions du psychiatre,manque de structures adaptées,perte d'emploi,refus de scolarisation de l'enfant,chantage aux neuroleptiques et psychotropes en échange d'une place en institution,culpabilisation des parents,discrimination...

    Nous revendiquons le droit légitime de pouvoir choisir et avoir accès aux méthodes éducatives et cognitivo-comportementales qui ont fait leurs preuves ainsi que la scolarisation effective des enfants que l'Education Nationale rejette du système afin que les personnes souffrant de TSA (troubles du spectre autistique) puissent en bénéficier,et acquérir le maximum d'autonomie et d'intégrité qui leur permettraient d'évoluer parmi leurs concitoyens..

    Par chunnly67, le 04 juin 2013 à 07:36.

  • Laisser moi rire ...

    Je suis mère d'enfant autiste, mère frigidaire ou mère étouffante, telle que vos amis psychanalystes ont bien voulu nous décrire durant des décennies (et encore aujourd'hui hélas)en fonction de leur humeur du jour, nous faisant porter la responsabilité du "mal-être" de nos enfants, etc..., etc..et selon leur fameuse conception du soin les ont laissé gonfler les effectifs des hôpitaux psychiatriques (se mettant par la même, à l'abri du chômage !) Ras le bol de ces incapables vénérant le Dieu Freud sans aucun esprit critique, comment des communistes peuvent-ils défendre les psychanalystes, pompes à fric de l'Etat, profiteurs de la faiblesse des patients et de leur famille ?? Comment baisez-vous les pieds de cet "etablishment" de vieux incapables qui ne prêchent que pour leur job au mépris des êtres humains : la psychanalyse n'est et n'a jamais été efficace pour aider les personnes autistes ! Mais quand allez-vous ouvrir vos yeux et vos oreilles ??? Nous, parents, ne nous laisserons plus faire et unis ne serons plus jamais vaincus : "El Pueblo Unido Jamas Sera Vencido" !

    Par El Pueblo, le 03 juin 2013 à 20:50.

  • Scandale sanitaire

    Nous avons commis l'énorme erreur de confier notre fils à la psychiatrie française (CMPP en Région Parisienne) entre ses 2 ans 1/2 et ses 5 ans. Deux ans et demi durant lesquels le pédopsychiatre a refusé de nous communiquer un diagnostic ("pour ne pas poser d'étiquette") et de proposer des séances d'orthophonie ("parce qu'il ne parle pas et qu'il n'est pas prêt"), a prescrit des séances hebdomadaires de psychothérapie maternelle et de psychomotricité durant lesquels notre fils ne faisait rien, a essayé de nous dissuader d'aller faire un bilan ailleurs "parce que ça ne sert à rien" et de nous persuader de placer notre fils en hôpital psychiatrique et de renoncer à toute forme d'instruction... 3 séances hebdomadaires de 45 minutes facturées 165 euros chacune à la Sécurité Sociale, soit 1700 euros en moyenne par mois pendant 2 ans et demi... Deux ans et demi durant lesquels notre fils s'est enfoncé dans le retard de langage, dans les stéréotypies, dans l'autisme... Dès l'annonce du diagnostic à 5 ans, nous nous sommes tournés vers une prise en charge 100% comportementale-cognitive en libéral... Nous avons dû nous former nous-mêmes, sommes devenus éducateurs spécialisés, orthophonistes, fabricants de matériel pédagogique et de communication adapté, avons recruté des intervenantes... Un mois après le début de la nouvelle prise en charge, notre fils était propre, nous avions enfin reçu les bons conseils pour communiquer avec lui et le faire progresser sur tous les plans... Deux ans plus tard, on a encore beaucoup à accomplir mais il sait lire et compter comme un enfant de son âge ! Nous recevons une allocation de 850 euros par mois pour financer tous nos frais (bien supérieurs) et compenser l'arrêt de travail de l'un d'entre-nous ! Où en serait notre fils si nous avions suivi les préconisations du CMPP de ne rechercher aucun diagnostic et de le mettre à plein temps en hôpital psychiatrique de jour ????

    Mr Gibelin, vous avez écrit dans un autre article "Les scandales sanitaires sont liés avant tout à la recherche obsessionnelle du profit. Nous voulons mettre un terme à ce système de collusions et de conflits d’intérêts manifestes.". Très bon résumé de la situation dans laquelle l'autisme est plongée en France depuis des décennies... où une place en hôpital psychiatrique de jour coûte 120 000 à 300 000 euros par an à la Sécurité Sociale (pour un résultat aussi désastreux qu'inefficace) et où une prise en charge efficace ne coûtera que 30 000 euros maximum.

    Dommage que vous manquiez de discernement et que vous soyez vous-même empêtré dans un conflit d'intérêt...

    Par brig91, le 03 juin 2013 à 20:23.

  • marre de toutes ces betises

    tout simplement écoeurée de voir que nous sommes dans des gueguerres politique de bas étages ;dites que vous avez peur que des emplois se perdent, alors qu il suffit que tout le monde comprenent ce combat qui est le notre parents il faudrait que votre enfant ou famille ait ce probleme pour comprendre notre souffrance et combat .idealiste je suis alors oui aller aider les les pauvres gens au chomage dans les quartier habillez votre coeur en rouge et placez le a gauche car a cause de vos idees et votre mauvaise foi vous creusez le trou de la secu et etes complices d 'une sorte de déportation en belgique ET OUI faut que ca change parents ce n est qu un debut continuons notre combat ellle monte la colere et elle risque d avoir des couleurs du pays avant de sombrer dans le desespoir et devenir vert de gris;

    Par poletto, le 03 juin 2013 à 17:45.

  • Vous niez le choix des parents

    Monsieur,

    Père d'une enfant autiste et membre d'une association accueillant des familles je me questionne vraiment sur l'objectif de tels propos.

    Ce plan autisme, vient à la suite de recommandations de la Haute Autorité de Santé qui enfin prennent en compte le besoin des familles et les avancées scientifiques acceptées dans la plupart des pays du monde.

    L'autisme est considéré comme un trouble neurodéveloppemental par la communauté scientifique internationale mais la France continue à refuser ces progrès.

    Je ne suis pas contre la psychanalyse, pour les adultes consentants, mais confier ma fille à une personne qui attend l’émergence de son désir et de son langage, voir qui pratique sur elle le packing ( pratique interdite hors essais cliniques autorisés ) ou la laisse se faire dessus dans une pataugeoire. (toutes ces pratiques ont été imposées à des familles avec qui nous sommes en contact durant ces dernières années). Les premières questions posées par le psy lors d'une rencontre portent encore trop souvent sur le désir de grossesse et le rapport mère-enfant reliquat d'un passé où l'on rendait les mères responsables de l'autisme de leurs enfants.

    Je veux juste que ma fille bénéficie de techniques comportementalistes, qui fonctionnent dans de nombreux autres pays et permettent d'amener certains des enfants suivis au statut d'adultes 'autonomes'.

    Mais les psy qui tiennent quasiment toutes les institutions accueillant des enfants autistes dans dans nombreuses régions ( en tout cas en Pays de la Loire ) refusent d'évoluer.

    Plutôt que d'accompagner ces changements ils se sont sentis en danger, braqués.

    Nous parents n'avons le choix que de lutter, de faire prendre en charge nos enfants par des libéraux formés à l'étranger ou par quelques rares organismes français ( et à nos frais en plus).

    Cette situation est inacceptable et va à l'encontre du libre choix du patient.

    Pour cela nous applaudissons le plan autisme, les recommandations de la HAS et souhaitons même qu'elle aillent encore plus loin.

    Oui la psychiatrie impose ses pratiques au autistes qui croisent sont chemin, oui elle refuse généralement l'utilisation de technique que réclament les parents, qui sont utilisées partout dans le monde et sans être miraculeuses font au moins progresser nos enfants.

    Quelles sont vos motivations ? Pourquoi imposez-vous ce calvaire aux enfants autistes et à leur famille ?

    Par torkeep, le 03 juin 2013 à 16:33.