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Appel unitaire du meeting du 1er juin 2013 pour le retrait du plan autisme

L'annonce du Plan Autisme 2013 par Mme Marie- Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge du dossier, a été accompagnée par celle-ci de propos inacceptables à l’égard des approches fondées sur la psychanalyse. Propos qui s'appuyaient sur les recommandations de la HAS et qui structurent le plan Autisme 2013 d'un seul point de vue, sans nuance, niant les critiques, les communications et les travaux les plus récents.

Les recommandations de la HAS, Haute Autorité de Santé, ne font pas consensus, elles se parent d'une scientificité qui n'est en rien démontrée, ce que la revue Prescrire dans son numéro d’avril 2013 a très bien énoncé. Elles obèrent les choix éclairés des professionnels comme des familles. La pluralité des approches est nécessaire en face d’une réalité psychique complexe, celle de chaque sujet en souffrance, qui ne saurait se réduire à une seule dimension, à un seul registre de la connaissance et du savoir. Nous demandons donc le retrait des recommandations de la HAS.

Le plan Autisme 2013 organise les préconisations dans le parti pris d’un seul point de vue exclusif, non recevable. Ces recommandations se fondent en fait sur une lecture idéologique d'un trouble aussi important que celui de l'autisme en dénonçant des recherches et des pratiques qui n'auraient pas fait leurs preuves au nom justement d'une imposition idéologique !

Aujourd'hui c'est de l'autisme qu'il s'agit, mais le risque est inévitable d’une généralisation de la méthode suivie pour ce plan à l’ensemble du champ psychiatrique. Alors demain un plan pour les troubles bipolaires ou la schizophrénie ; il n'y aura plus de maladies seulement des anomalies à corriger. Nous assistons à la mise en place de la négation des différences, il y aura celles qui seront réadaptables et les autres qui conduiront aux exclusions et aux relégations.

Nous ne voulons pas d'une HAS qui par ces recommandations univoques interdit l'esprit du doute nécessaire à l'approche scientifique et à la recherche, qui ne saurait restreindre son effort de façon unidimensionnelle.

Nous ne voulons pas d’une HAS qui interdit la prise en considération des pratiques soignantes, éducatives et sociales qui ont fait leurs preuves et sont approuvées par des familles qui n’ont pas été entendues, alors qu'elles dénoncent les excès d'approches uniques quelles qu’elles soient.

Nous ne voulons pas d’une HAS, outil de l’Etat. Le choix et la nomination des dirigeants de cet outil par l’exécutif de l’état confirment sa dépendance. Les proximités avec l’industrie pharmaceutique signent une orientation thérapeutique. Cette HAS n’est indépendante ni de l’Etat ni du monde pharmaceutique.

Nous ne voulons pas d'une HAS dont les recommandations empêchent la pensée des professionnels et des citoyens et autorisent les politiques à imposer au bout du compte ce qui s'apparente à une science d'état. La négation de la pluralité des approches et le refus de considérer la complexité de l'humain et sa singularité au nom de l'efficacité de l'éradication des symptômes et de la bonne santé mentale pour tous conduisent tout droit à la normalisation des réponses dont les conséquences sont une médicalisation et une psychiatrisation de la société. Il est d'autres exemples de recommandations de la HAS qui ont procédé des mêmes conceptions : l'abaissement des seuils d'acceptabilité des taux de cholestérol a eu pour effet direct d'augmenter le nombre de personnes malades et leur traitement et le profit direct des laboratoires pharmaceutiques. Ainsi un enfant sur 150 naîtrait autiste selon la HAS, une multiplication par dix en dix ans ! Qui va en tirer bénéfice? Certainement pas les patients.

Nous ne voulons pas non plus d'une HAS qui par ces recommandations orientent les formations initiales et continues des professionnels du soin et des travailleurs sociaux de ce seul point de vue, niant ainsi une des compétences premières de ceux-ci à savoir l'accueil de la personne en souffrance, de la personne en difficulté, en attente d'une attention et d'une écoute avant les réponses thérapeutiques, éducatives et sociales  indispensables. Ne plus penser sa pratique pour un professionnel, fait de celui-ci un agent de l'ordre social et non plus un soignant. Ne plus exercer son libre arbitre dans la rencontre singulière, c'est se soumettre à une autorité bureaucratique.

Mais oui il faut des moyens supplémentaires pour prendre en considération les personnes présentant des troubles autistiques, oui nous sommes très en retard sur ces prises en charges, oui il faut favoriser les travaux de recherches dans ce domaine comme dans d'autres.

Nous sommes pour une réforme de la psychiatrie, pour une psychiatrie d’accueil respectueuse de chaque sujet dans sa singularité. Ce sont des personnes, qui sont concernées, non des catégories nosographiques ! La place des usagers est essentielle, nous ne pouvons travailler à cette réforme des soins sans eux. C’est les respecter tous dans leur diversité que de leur laisser la possibilité de choix de leurs soins, de leurs soignants et des méthodes de soins.

Or ces recommandations et cette méthode procèdent de l’inverse ramenant chacun, les professionnels comme les patients à une catégorie qu’il faudrait formater pour le bon fonctionnement de l’ordre économique.

Nous réaffirmons la nécessité d’un engagement fort de l’Etat par un débat préalable à la promulgation d’une loi cadre pour la refondation de la psychiatrie de secteur et les moyens de la mettre en œuvre avec les professionnels qu’il s’agit de former à la complexité, et avec les usagers qui sont aujourd’hui partie prenante, pour une psychiatrie fondée sur l’hospitalité et non sur la ségrégation et le formatage.

L'empêchement de penser, donc de créer, pour les patients, pour les professionnels, et pour les familles, est une atteinte à la démocratie et à la culture.

C’est pour cela que nous tous ici réunis appelons au retrait du plan Autisme et à la remise en cause de cette HAS Là !

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