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La santé par le sport et la santé des sportifs

 

Propositions :

  • Arrêter le désengagement de l’Etat

  • Soutenir les clubs et le sport scolaire et universitaire

  • Développer les centres médico-sportifs

Les bénéfices de l’exercice physique sur la santé ne sont plus à démontrer. Des études épidémiologiques nombreuses l’ont prouvé, de façon globale sur des critères de réduction de la mortalité ou bien, domaine médical par domaine médical, en ce qui concerne la morbidité cardio-vasculaire, les troubles métaboliques (hypercholestérolémie, diabète et syndrome métabolique), les maladies respiratoires obstructives, l’ostéoporose, certains cancers (sein, colon) et probablement la maladie d’Alzheimer et syndromes apparentés. La pratique physique et sportive s’est montrée efficace dans la prévention et la prise en charge des conduites addictives.

Parallèlement, on sait que l’activité physique de la majorité de la population, quelque soit l’âge, est insuffisante, notamment en temps et en régularité puisque l’accent est mis sur la fréquence des phases d’activité physique qui devraient dans l’idéal être quotidiennes.

Il faut bien entendre que sport et activités physiques ne sont pas entièrement synonymes. L’activité physique au sens large dépasse le cadre des pratiques sportives pour prendre une dimension liée à la vie quotidienne. On connaît les habitudes liées aux escalators, aux ascenseurs, même aux télécommandes. Inversement, la montée systématique des escaliers, le jardinage, le gros bricolage sont des habitudes bénéfiques, pourvu qu’elles soient systématiques et fréquemment pratiquées.

Est-ce à dire que le sport organisé n’apporte aucun bénéfice supplémentaire ? Ce serait oublier son intérêt en matière d’apprentissage des gestes, de socialisation, d’intégration et plus simplement de plaisir.

En France, environ 15 à 16 millions de personnes sont détentrices d’une licence délivrées par une des 170000 associations sportives affiliées aux Fédérations agréées par le Ministère des Sports.

Les pratiques sportives non organisées ou dépendant du secteur marchand sont plus difficiles à chiffrer mais concernent également des millions de personnes. Clairement, le secteur commercial s’est engouffré dans le créneau que représentent les activités physiques personnelles entre les salles de sport, le fitness et toutes les activités pratiquées dans les salles à vocation commerciale.

A chaque âge de la vie, la réflexion doit être menée sur l’intérêt de faciliter l’accès au sport, ce qui suppose des infrastructures, des clubs ou associations, des intervenants et animateurs disposant d’une formation initiale et continue les mettant en condition d’animer des pratiques sportives adaptées à tous les publics, en connaissance des contraintes spécifiques liées à l’âge, au handicap. Une problématique spécifique est celle du maintien de l’activité physique au cours du vieillissement avec des pratiques adaptées à chaque âge, y compris dans les institutions de personnes âgées ne vivant plus à domicile, en situation de perte d’autonomie partielle ou totale. On a bien montré que la pratique d’activités physiques dans les maisons de retraites diminuait le recours aux psychotropes. En ce qui concerne les jeunes, l’accès aux activités sportives extrascolaires est inégalitaire sur le territoire en fonction des infrastructures locales, des moyens de transport, de l’organisation du mouvement sportif et des municipalités. La quantité d’exercice physique pratiquée par les adolescents et jeunes adultes est certainement insuffisante en moyenne. Ce thème a été retenu en 2011 comme prioritaire par le Ministère et l’INPES pour des actions labellisées « Sport-Santé » mais il s’agit d’un appel à projet pour des actions ciblées, nullement d’une politique d’ensemble qui reste à mettre en place.

Malgré cela de très nombreux jeunes, adolescents ont une activité physique importante, notamment lorsqu’ils cumulent activité physique scolaire et extrascolaire en club. La surveillance médico-sportive de ces jeunes à risque de surentraînement (au-delà de 10h de sport par semaine) est quasiment inexistante en dehors des listes officielles de haut niveau. Dès lors, le recours aux pratiques dopantes devient tentant, ne serait-ce que sous des formes apparemment bénignes (vitamines, compléments alimentaires) dont on a démontré qu’elles étaient pour le moins inutiles et souvent dangereuses (créatine, compléments hyper protidiques).

Clairement, la santé des sportifs à l’exception du très haut niveau n’est pas une préoccupation pour nos gouvernants. Les derniers Centres Médico-Sportifs qui survivent sont gérés par des municipalités.

Plus généralement, le mouvement sportif est principalement organisé pour les pratiques compétitives et les entraînements ; il l’est beaucoup moins pour répondre aux attentes du sport-santé, et ceci particulièrement dans les fédérations sportives délégataires. Les fédérations affinitaires ont développé pour beaucoup d’entre elles des activités de sport-santé (UFOLEP, FSGT, FSCF, EPMM, FFEPGV…), la plupart du temps en relation avec les collectivités locales, quelquefois l’Assurance-Maladie. Les meilleurs exemples sont les ateliers « équilibre » à destination des personnes âgées à risque de chute et activités sportives.

  L’évolution budgétaire du sport est inquiétante sous le régime actuel. Citons la Fédération Nationale du Sport en Milieu Rural début 2011 :

  « Le budget de la mission sport a été présenté en baisse de 3% par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Un budget de 455 M€ composé de deux grandes ressources principales, les crédits d’État et les crédits du Centre National de Développement du Sport (CNDS). Or, les crédits d’État passent de 243 M€ à 208 M€ soit une baisse de près de 15%. De son côté, le CNDS, principalement affecté au financement du sport de masse se voit ponctionné de 150 M€ sur 5 ans (15% par an) pour la construction ou la rénovation des Stades en vue de l’Euro 2016. Une ponction en partie compensée par l’augmentation de la taxe sur les paris et jeux de la FDJ (de 1,8 à 2,1%), et par la taxe sur les paris en ligne. Mais il n’en reste pas moins que cette mise à contribution au profit du sport professionnel fait grincer quelques dents. Pour le CNOSF et son Président, Denis Masseglia, l’Euro 2016 va rapporter beaucoup d’argent à l’État et devrait donc être pris comme un investissement. Pour la première fois, les crédits du CNDS vont être supérieurs aux crédits d’État, confirmant ainsi le désengagement progressif de ce dernier. »

Nous vivons donc une période paradoxale où les bienfaits du sport sur la santé sont reconnus et encouragés, tandis que les moyens attribués à la promotion du sport de masse sont étranglés par le désengagement de l’Etat. Ces moyens reposent donc essentiellement sur les collectivités locales et le monde associatif.

  Cette question de la prise en compte des activités physiques est une question de santé publique de première importance et doit être envisagée dans une réflexion politique sanitaire globale au même titre que d’autres aspects de la prévention en santé. Au-delà de la méthode actuelle faite d’expérimentations parcellaires sous forme d’appels à projets, pas nécessairement coordonnés ni pérennes, c’est d’une politique d’ensemble Sport-Santé tous âges/tous publics dont le pays a besoin, dans le cadre d’une démarche type « Etats généraux de la Santé » de façon à :

-         Définir les besoins à partir des données scientifiques établies, des programmes locaux de promotion des activités sportives pour tous

-         Promotionner et soutenir la recherche publique en santé en favorisant les recherches conjointes entre le monde du Sport et celui de la Santé

-         Former des intervenants qualifiés en nombre suffisant, à partir de filières spécifiques avec des passerelles avec les formations internes au mouvement sportif

-         Rénover et enrichir le plateau des équipements sportifs du quotidien, pas uniquement les grands stades de football

Le financement d’une telle politique s’intégrera naturellement dans les choix de redistribution des richesses que nous mettons en avant face à la crise du capitalisme. A plus long terme, une politique Sport-Santé se révélera génératrice d’amélioration des indices globaux de santé publique à condition de s’insérer dans une politique globale de santé démocratique et progressiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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