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Fin de vie : respect et dignité

 

Propositions :

  • Développer les soins palliatifs pour tous

  • Donner aux services de soins palliatifs les moyens de faire leur travail

  • Bien appliquer la Loi Léonetti

C’est une problématique complexe car éminemment humaine. La première chose à dire est que cette question doit échapper aux règles du marché, aux injonctions idéologiques et religieuses diverses et doit signifier notre profond attachement aux valeurs humaines : respect et dignité pour tous.

La mort est une affaire personnelle et familiale et les structures de soins doivent être au service des patients et de leur projet de vie. C’est une affaire de conscience personnelle et sur cette question, plus que sur tout autre, des points de repères sont à identifier mais la question reste ouverte. A ce titre, le sentiment de perdre sa dignité qui dépend de chaque individu, est particulièrement important. Cela est directement en lien avec l’image renvoyée par le regard des autres, par la place dans la société, mais aussi par la qualité perçue de l’accompagnement.

La propension du gouvernement actuel à légiférer sur les questions touchant aux choix individuels de vie et à l'intime est suspecte pour nous ! D’autant que la dimension « moralisatrice » du pouvoir et le poids idéologique du « politiquement correct » sont particulièrement présents dans ses actes. La pertinence d’une nouvelle loi sur cette question est posée par certains. L’arsenal juridique existant est-il totalement utilisé et n'est-il pas réellement suffisant ? 

Autant il ne parait pas acceptable de dépénaliser globalement l'euthanasie, autant il est inadmissible de condamner pénalement une personne qui aurait assisté une personne dans sa décision pour abréger ses souffrances. Pour autant, nous ne voulons pas ouvrir la porte à des dérives eugénistes aux relents dramatiques.

Il y a besoin d'une réflexion autour des garanties à obtenir pour respecter les choix des individus et l'accompagnement des professionnels...sans aucune sanction.... . Ce domaine est largement ouvert. Il touche aussi à la notion d’euthanasie réclamée, de suicide assisté. Les pratiques d'humanité existent dans de nombreux lieux de soins même si elles sont particulièrement « perso dépendantes » ! Le pire serait de définir des critères dits « objectifs » à partir desquels l'euthanasie serait légale! Notamment puisque cela permettrait alors de « systématiser » l'euthanasie à certains types de populations. Ce serait la généralisation et la légalisation de pratiques comme celles qui considèrent qu'à partir d'un certain âge on ne va plus "investir" dans des soins coûteux (greffes, réanimation).

Des arguments pour en rester à la situation législative et règlementaire actuelle se trouvent dans la conclusion du livre  d'A. Kahn "L'ultime liberté", page 133. Il est un des défenseurs de la loi Léonetti que les parlementaires communistes ont voté.

"...l'actuelle législation française m'apparaît équilibrée et juste, de  nature à permettre de faire face aux douleurs et détresses physiques et  psychiques rebelles dans une grande variété de situation. Les textes  pour y parvenir ne remettent pas en cause la dignité des personnes quel que soit leur état et n'établissent pas de nouvelles exceptions - après  la guerre- à l'interdiction de donner la mort à autrui. Je m'en félicite. Il existe sans doute des circonstances particulières, exceptionnelles, poussant en conscience quelqu'un, médecin ou proche, à transgresser  cette dernière règle. Il importe aussi d'instruire leurs cas avec humanité selon le principe d'une société sachant à la fois s'accorder  sur des principes et pardonner qui en transgresse la lettre plus que l'esprit".

A l’inverse, la perspective d’une nouvelle règlementation n'apparaît pas en opposition avec les soins palliatifs, si ce n’est que les soins palliatifs n'ont pas les moyens humains et matériels de fonctionner et que les places identifiées sont en nombre insuffisant et surtout pas valorisées à la hauteur des besoins. La question des unités de soins palliatifs est un début de réponse, mais elle n'est pas unique en soi !

Ce rapide éventail des positions actuelles montre l’ouverture et l’étendue de la problématique. Les raccourcis ne sont pas de mise en la matière. Au contraire, le débat doit être largement ouvert, les arguments doivent pouvoir s’échanger sur le fond. Nous sommes pour un positionnement équilibré, laissant ouvertes les solutions et refusant les anathèmes qui ferment le débat. La dimension humaine est à privilégier en veillant aux conditions de sa mise en œuvre concrète. La dignité, des usagers comme des professionnels, est indispensable. Elle doit être reconquise et passe par une logique qui réponde aux besoins humains plutôt qu’à la logique financière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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