Commission santé du Parti communiste français

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Pour une santé et une protection sociale solidaires. Santé : une question politique !

 

« Oui, c’est possible. L’humanité a déjà surmonté de nombreuses catastrophes.

Derrière la crise du système capitaliste qui se déroule sous nos yeux,

il y a la possibilité d’un monde meilleur.

Nous devons la saisir. Elle est à notre portée.

Encore faut-il que nous le décidions. »

Programme du Front de gauche, 2011.

 

 

« La santé est un état de résistance à des forces contraires, une façon d’aborder l’existence

en se sentant non seulement possesseur ou porteur, mais aussi au besoin créateur de valeur, instaurateur de normes vitales »

Georges Canguilhem,

In Le Normal et le Pathologique, Paris, PUF, 1966.

La notion de santé pour toutes et tous implique la capacité de répondre :

  • Aux besoins de santé identifiables dans la France du 21ème siècle.

  • A l’ambition de l’égalité de l’accès aux soins.

Pour cela, l’accent doit être mis sur la promotion de la santé, les dépistages et sur la prévention ainsi que l’éducation à la santé. C’est aussi porter une orientation politique globale visant à réduire les risques présents dans l’environnement physique, économique et social.

Cela passe aussi par une alimentation et des revenus adéquats, des conditions de logement convenables, une eau et un environnement sains, la possibilité de jouer pleinement un rôle dans la société. Les problèmes de pauvreté, d’une nutrition inadéquate, de mauvaises conditions de logement, de l’illettrisme fonctionnel, de l’insalubrité de l’environnement et du sous-développement des soins de santé primaire, de perte de sens du travail se retrouvent aujourd’hui dans notre pays de manière inacceptable.

Ce qui est en jeu, c’est la santé et le bien-être des citoyens vivant aujourd’hui et des générations futures.

Cela nous commande d’agir ensemble pour augmenter les chances :

  • De naître en bonne santé de parents qui ont désiré et ont le temps et les moyens pour faire de l’enfant un futur adulte socialement autonome et responsable.

  • De vivre dans un environnement stimulant d’interaction sociale à l’abri de la guerre qu’elle soit armée, sociale, économique.

  • De vieillir dans une société qui aide nos aînés à préserver leurs capacités, à leur garantir une retraite confortable, à offrir des soins adaptés, à accomplir leur vie dans la dignité.

C’est juste une question de choix politiques dans lesquels l’implication du plus grand nombre sera décisive.

L’état de santé d’une population dépend à la fois de la réalité sociale, économique et environnementale et du système de soins. Il faut donc agir simultanément sur ces aspects. La densité du maillage sanitaire et la proximité des structures de soins y participent.

1 - Prévenir

La prévention doit chercher à éviter que la maladie ne survienne. Il s’agit donc de s’attaquer aux grandes causes de «mauvaise» santé publique : la dégradation de la santé au travail, la mauvaise alimentation, la pauvreté et l’exclusion, les conditions de vie difficiles, les dérèglements environnementaux, la perte d’autonomie, les conduites addictives. Ce sont donc les fondements de la société qu’il faut transformer. A la domination et l’exploitation, il faut substituer la coopération et le partage. Les campagnes de prévention et d’information concernant les « modes de vie » et les grandes pathologies (cancer, maladies cardio-vasculaires, sida…) devront être renforcées et perdurer de façon pérenne, en proscrivant tout caractère culpabilisateur ou moralisateur. La démocratie, en permettant aux citoyens et aux salariés d’intervenir sur leurs conditions de travail et de vie, en les rendant acteurs de leur santé, est un élément majeur de la prévention.

Les moyens consacrés au dépistage doivent être démultipliés (formation des soignants, éducation à la santé, fréquence du dépistage…). La prévention n’a de sens que si elle est durable et surtout si elle vise à toucher tout le monde. La visite médicale annuelle dans le cadre de la médecine du travail doit être rétablie, étendue aux chômeurs et aux précaires, elle doit être un bilan des conditions de travail et des conséquences pour la santé. Le bilan de santé régulier doit être développé chez les retraités, de même que pour les scolaires.

La prévention doit aussi viser à réduire la gravité et la récidive de la maladie. Elle doit assurer le retour à une vie « comme tout le monde », avec tout le monde, et permet de choisir librement son mode de vie. Cela passe par une politique publique transversale entre travail, transports, logements, revenus.

2 – Guérir

En matière de soins, une règle s’impose : la qualité pour tous. La qualité, c’est en tout premier lieu l’accès simple et rapide aux structures de soins. Les structures de proximité sont la réponse pour les pathologies les plus fréquentes. L’enjeu n’est donc pas de limiter les structures de proximité mais au contraire de les développer en optimisant leur fonctionnement.

La politique actuelle vise au contraire à transférer sur le privé les pathologies courantes et les populations solvables, pour ne maintenir dans le secteur public que les pathologies hautement coûteuses et les populations non ou moins solvables. Elle doit être stoppée. Premièrement par respect de la liberté du malade : il doit pouvoir choisir la structure de sa prise en charge. Deuxièmement pour des raisons d’efficacité du secteur public. Sauf à réduire le malade à un organe, il n’est pas de prise en charge correcte – même d’une pathologie exceptionnelle – sans assumer ses pathologies courantes (tension, diabète, infections urinaires ou pulmonaires…). Le secteur public pour être efficace doit être multidisciplinaire.

Le véritable garde-fou des dérives du secteur privé est un secteur public fort, performant, démocratique et éthique, de haute qualité. Il faut donc développer les structures publiques de soins, sans paiement à l’acte. La relance de l’hôpital public – de l’hôpital général au CHU – est une priorité. Cette relance passe tout autant par des réponses urgentes au financement de l’hôpital public et la pénurie de personnel, qu’au dynamisme et à la modernisation de l’hôpital public. Nous avançons des pistes pour une transformation en profondeur de l’hôpital public, dans ses missions, dans son fonctionnement, dans ses logiques.

Aujourd’hui, le secteur privé est en pleine recomposition avec l’émergence de grands groupes financiers d’envergure nationale, voire internationale. Les bénéfices, réalisés scandaleusement sur le dos des malades et de la Sécurité sociale, sont utilisés pour spéculer plutôt que d’être réinvestis dans les structures de soins, de formation, de prévention… et de contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population. Cela doit être interdit. Les lois et décrets qui au cours des dernières années ont favorisé fusions et partenariats public-privé doivent être abrogés.

3 – Accompagner ceux qui souffrent

Parfois, la guérison n’est pas ou n’est plus envisageable. Pour autant, l’objectif d’une vie de qualité demeure. Qu’il s’agisse de la maladie, du handicap, ou de la fin de vie, les principes fondamentaux doivent prévaloir. L’exigence de l’accès aux droits, du respect de la dignité humaine doit guider la politique sanitaire et les choix éthiques. Les soins palliatifs devront être généralisés sur tout le territoire, et diversifiés dans leur mode d’organisation (unité volante, unité à domicile, centres…).

L’amélioration de l’état de santé de la population, engage le dépassement de la logique capitaliste, de la libre concurrence, de la loi du marché… La solidarité, le partage, le respect de la planète… autant de valeurs pour une société de l’humanité. C’est notre visée. Elle s’incarne dans des propositions à court et moyen termes.

4 – Démocratiser

Nous proposons une démocratie sanitaire participative ascendante basée sur des conseils cantonaux de santé et / ou des bassins de vie composés d’élus locaux, de représentants des professionnels, de représentants d’ayant droit à la santé que sont les usagers. Ces conseils recenseront les besoins de santé, valideront la réponse à ces besoins apportée sur le territoire concerné et contrôleront démocratiquement la réponse.

Nous proposons une consolidation au niveau régional avec des Assises régionales de la santé adossées au Conseil régional. Nous voulons une mise en cohérence nationale avec des Assises nationales de même composition et assurant la vision nationale indispensable pour une maîtrise de la politique de santé.

 

 

 

 

 

 

 

 

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