Commission santé du Parti communiste français

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Agir contre le cancer : un enjeu très politique.

 

Propositions :

  • Développer la recherche fondamentale de façon énergique

  • Développer dans le cadre d’un service public du médicament les recherches appliquées nécessaires

  • Développer la prévention (en particulier tabac et alcool) et les systèmes de dépistage

  • Généraliser les registres des cancers

  • Travailler à la prise en charge et à la réinsertion des patients

  • Relancer le programme Reach

Le constat

En 2011, l’Institut national de veille sanitaire vient de publier des projections de l’incidence et de la mortalité par cancer en France pour l’année 2011. Le nombre de cancers ne cesse d’augmenter. La mortalité ne baisse pas au même rythme que pour d’autres pathologies. Chez l’homme il est prévu 207 000 nouveaux diagnostics de cancer en France métropolitaine. Cette estimation est de 158 500 chez la femme. De plus, il est à noter qu’en Europe, les cancers infantiles augmentent de 1,1% par an. De fortes inégalités sociales de mortalité par cancer sont observées. Les chiffres sont édifiants : le risque de décéder d'un cancer entre 30 et 65 ans est globalement deux fois supérieur chez les ouvriers que chez les cadres et les professions libérales.

En France en 2004, l’Institut national contre le cancer évaluait les coûts du cancer : soins 11 milliards d’euros, perte de production du fait des décès précoces 16,9 milliards d’euros, perte de productivité des malades 530 millions, dépistages organisés 250 millions, prévention primaire 120 millions, recherche publique 670 millions. Soit environ 30 milliards d’euros.

Les facteurs de risque

Les facteurs de risque les plus fréquemment évoqués sont ceux liés à l’environnement (produits toxiques, pratiques professionnelles, alimentation) et à des comportements individuels (alcool, tabac, sédentarité) ou à des virus. On estime aussi que 5% à 10 % des mutations génétiques à l’origine d’un cancer sont héréditaires. Depuis les années 1960, on a constaté dans le monde industrialisé l’augmentation régulière de certains cancers : thyroïde, sein, prostate, mélanomes, lymphomes malins. De nombreux agents chimiques sont cancérogènes. 3% seulement de ces substances ont fait l’objet d’une analyse de toxicité. Le programme européen REACH qui doit évaluer la dangerosité des produits chimiques commercialisés avance à pas comptés. La plupart sont utilisés dans l’environnement professionnel.

L’influence de l’environnement quotidien

Selon l’INSERM on estime que de 5 % à plus de 50 % des cancers seraient associés à des facteurs environnementaux. Outre la définition variable de la notion d’environnement, cette imprécision de la fourchette tient à la difficulté d'établir un lien direct de causalité entre un facteur environnemental et un cancer. On trouve ainsi dans la chaîne de production alimentaire de nombreux contaminants (pesticides, produits chimiques…) susceptibles de favoriser l'apparition de cancers. Sur la pollution de l'air, les experts de l'Inserm indiquent que « plusieurs études ont montré une association entre les particules atmosphériques et le cancer du poumon ».

L’influence des conditions de travail

Les cancers liés à l’activité professionnelle sont fortement sous-déclarés, ce qui ne facilite pas le recensement. Le lien de causalité entre le cancer et les conditions de travail est encore méconnu en raison d’une absence de spécificité. De nombreuses professions sont exposées à des agents cancérogènes, et l'origine professionnelle des cancers est fortement suspectée dans 4 % à 8 % des cas. Il y a aussi sommation des effets de l'exposition au risque professionnel et des facteurs extra professionnels. Il est difficile de reconstituer 20 à 30 ans après, le parcours professionnel et donc l’historique de ces expositions sans un travail méthodiques des médecins du travail. Les cancers professionnels, sont surtout des cancers de la peau, des voies respiratoires, de la vessie et des organes hématopoïétiques.

 

Prévention, un outil de lutte efficace sur le terrain : le registre cancer

Il est un outil privilégié pour étudier les caractéristiques épidémiologiques et évaluer les orientations prises pour améliorer leur prise en charge. Les premiers registres français ont été créés à partir des années 1975 dans un objectif de surveillance et de recherche. En 1986, la création du Comité national des registres (CNR) a permis d’inscrire les registres dans une politique nationale. Les registres sont regroupés en association au sein du réseau français des registres de cancer, Francim, qui a pour objectif d’harmoniser les pratiques d’enregistrement et de faciliter les travaux réalisés par les registres de cancer existants.

Faire des analyses de la distribution géographique des différents types de cancers sur une population donnée, de leurs incidences, de leurs évolutions et de leurs conséquences permet de rechercher des facteurs de risque, notamment ceux liés à l’environnement. Ceci permet de définir des politiques de prévention, de dépistage, de communications particulières d’une région ou d’un sous-groupe spécifique de patients. Un registre reprenant des données validées et qui couvre l’ensemble du territoire est également source d’information pour le personnel médical et paramédical ainsi que pour le grand public en général.

La lutte contre le cancer doit être un réel objectif. La prévention, la recherche, la formation des médecins, généralistes et médecins du travail, de tous le corps économique, sont les axes stratégiques majeurs pour son recul. Un registre des cancers est une part essentielle de tout programme rationnel de prévention et de contrôle du cancer. Surmonter les difficultés qui existent pour le mettre en œuvre et le faire fonctionner, est donc justifié et gratifiant. Il y a besoin d’une réelle mobilisation citoyenne à tous les niveaux de la société (collectivités locales, entreprises, associations, etc.) pour faire reculer la maladie. Tous les obstacles économiques, culturels, organisationnels, etc. doivent être solutionnés démocratiquement. Les lieux de soins dédiés doivent avoir les moyens d’une prise en charge spécifiques et globales. Le cancer n’est pas une fatalité.

 

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