Commission santé du Parti communiste français

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Le suicide

 

Propositions :

* une politique de secteur ambitieuse

* un dépistage systématique par l’ensemble des services de médecine préventive

* lutter contre l’isolement social des personnes âgées

Acte irrémédiable dont les ressorts intimes, souvent complexes, ne sont pas toujours connus, le suicide est un phénomène qui concerne plus de douze mille personnes par an en France (pour environ cent soixante mille tentatives), ce qui place notre pays parmi les plus touchés en Europe. Si les tentatives concernent davantage des femmes jeunes, les morts sont plus fréquemment des hommes âgés.

Acte personnel, il revêt des aspects sociaux et s'inscrit dans des phénomènes de contagion et d'appartenance : groupes d'âge, catégories sociales et professionnelles.

Acte mûri ou impulsif, il peut être rapporté à une pathologie psychiatrique (dépression, psychose, trouble grave de la personnalité) ou parfois à la liberté humaine, selon les convictions morales ou philosophiques du suicidant et le contexte historique.

Acte traumatisant pour l'entourage, il vient brutalement rappeler à une société obsédée par la compétition l'importance du lien social. La vie n'est pas une performance, écrivait Stig Dagerman, écrivain suédois qui mourut par suicide.

La lutte contre les causes psychiatriques de suicide relève du service public de psychiatrie (adulte et infanto-juvénile) organisé par une politique du secteur ambitieuse. Le dépistage du risque suicidaire doit être suffisamment précoce et intéresse la médecine scolaire et universitaire, la médecine du travail, les travailleurs sociaux, les médecins traitants, l'aide à domicile.

Les conséquences dramatiques du management par le stress sont désormais connues du grand public : isolement du travailleur, ouvrier ou cadre, progressivement dépouillé de son métier, de sa place, de son image de soi. Ceci relève de la lutte politique au moins autant que de la psychiatrie.

Notre société postmoderne, pleinement engagée dans le modèle néocapitaliste, place l'avoir avant l'être ; elle organise la paupérisation et l'exclusion des uns au profit des autres, tout en fragilisant les uns comme les autres par la perte du sens du collectif et le refus des réalités humaines, sénescence et maladies. Si notre pays connaît autant de suicides de vieillards, c'est aussi que le phénomène du vieillissement est réduit à l'image de la dépendance et de la sénilité, alors que la figure du vieillard fut longtemps valorisée dans les cultures traditionnelles comme dans nos sociétés rurales. Le désespoir des vieillards suicidaires est moins une maladie à traiter médicalement qu'une conséquence de l'isolement affectif et de la sècheresse de soins techniques parfois inhumains. Le sénateur Caillavet a parlé d'un racisme anti-vieux dans la société française, et c'est bien le modèle de notre société qu'il faut changer.

Dans la France d'aujourd'hui, la lutte pour ce changement doit s'accompagner d'une disposition à l'accueil de l'autre. Il est aisé de constater combien des initiatives modestes ou plus ambitieuses ont des effets favorables sur le désir de vivre des plus fragiles. Le taux de suicides illustre l'état du lien social. C’est particulièrement inquiétant du point de vue de la jeunesse.

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