Commission santé du Parti communiste français

Commission santé du Parti communiste français
Accueil
 

100%sécu

Abonnez vous aux Cahiers de Santé Publique et de protection sociale

 
 
 

Condamnation d'un médecin du travail

Depuis quelques temps, les employeurs ont trouvé une nouvelle stratégie pour faire taire les médecins du travail. Les plaintes des employeurs auprès du conseil de l’ordre des médecins se multiplient, particulièrement contre le Dr BERNERON. Elle vient effectivement de recevoir un avertissement pour avoir rédigé un certificat médical détaillé établissant le lien entre l’organisation du travail et l’état de santé d’une salariée. Cette sanction pose plusieurs problèmes :
- Le conseil de l’ordre instruit les différends entre un patient et son médecin ; or l’employeur n’est pas le patient du médecin du travail.
- Lorsque le conseil de l’ordre instruit une plainte, le médecin peut exposer la situation médicale puisqu’il n’y a que les médecins et le patient, le secret médical est préservé ; dans le cas de plainte d’un employeur, celui-ci est présent donc le médecin se trouve devant l’obligation de se taire et ne peut donc pas exposer la démarche qui lui a permis de construire son diagnostic.
- Le conseil de l’ordre méconnait la spécialité de médecine du travail et ses « techniques ». Dans les cas de souffrance au travail, le médecin s’appuie sur le récit du salarié, sur les connaissances construites progressivement par la clinique médicale du travail, sur les travaux des sciences humaines notamment la psychodynamique du travail.
- Il est reproché à ce médecin (ainsi qu’à d’autres dans le cadre d’autres plaintes) de retranscrire les paroles de la salariée sans prendre en compte le travail d’élaboration que le praticien fait à partir de ce récit.
- La volonté des employeurs est évidente : devant l’obligation de protéger la santé des salariés et la possibilité d’une faute inexcusable, ils font feu de tout bois. Ils dénaturent la médecine du travail et en font un outil de gestion de la santé et la sécurité dans l’entreprise, essayant par là de faire porter la responsabilité de leurs manquements aux services de santé au travail. Ils désorganisent l’inspection du travail en l’éloignant des salariés. Et maintenant ils veulent réduire les CHSCT à une simple commission sans moyens et sans autonomie.
Ces plaintes s’inscrivent dans cette logique : empêcher la mise en visibilité des problèmes de santé provoqués par des conditions de travail dégradées, intimider les médecins pour les rendre inopérants.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.