Commission santé du Parti communiste français

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Un service public de la recherche et du médicament

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Une exigence pour un bien commun universel !

Face au scandale du Médiator, la justice doit être rendue, la société Servier doit payer pour les fautes commises, les conflits d‘intérêt doivent être dénoncés.

Mais cela ne saurait suffire. Il est urgent de mettre en oeuvre des pistes alternatives afin de dégager la recherche, la production et la distribution des médicaments, de l’emprise financière qui nuit à la santé publique.

Dans son projet « A votre santé », le PCF rappelait en 2008, que « Produit de santé, recherche, production,  distribution du médicament devaient répondre aux besoins de santé publique nationale et mondiale. Le médicament, selon nous, doit s’extraire de la loi du marché. La puissance publique doit reprendre l’initiative et le contrôle sur cet enjeu stratégique. Ce d’autant plus que c’est la solidarité qui finance le médicament par l’intermédiaire du remboursement par la sécurité sociale. »

La demande mondiale de médicament a augmenté de 7% l’an entre 1990 et 2003 ! Et jamais les profits de firmes pharmaceutiques n’ont été aussi élevés, comme SANOFI-AVENTIS avec plus de 9 milliards d’euros en 2010 au détriment de l’emploi.

Autrefois deuxième pays découvreur de médicaments, la France est désormais 6e. Jusqu’où, à ce rythme, va-t-on laisser se poursuivre la dégringolade, avec toutes les conséquences sur l’emploi et l’accès à la santé ? Il ne faut pas oublier que pour un emploi direct dans la filière supprimé ou créé ce sont 3 emplois indirects qui sont concernés.

Non, l’avenir n’est pas juste de copier un médicament, en changeant légèrement sa composition afin de dégager un maximum de marge financière, en supprimant la recherche et le développement !

Défendre ces acquis et les développer nécessite la mise en oeuvre d’un Pôle public de la recherche et de la production du médicament. Cela permettrait, notamment, de stopper l’abandon par les trusts pharmaceutiques des produits dits « financièrement non rentables » comme de fixer des prix uniques négociés dans la transparence avec l'ensemble des acteurs concernés.

Nous ne partons pas de rien, la recherche publique existe «encore» en France, mais des coopérations sont nécessaires pour le développement et le progrès social, plutôt que la mise en concurrence généralisée !

En opposition à l’industrie pharmaceutique privée, la création d’un tel service public de la recherche et du médicament, sortirait notre Pays du « Tout pour la Bourse ». Il valoriserait une politique du médicament pour devenir, à terme, un bien commun universel !

Cela nécessite d’une part, de relancer la recherche publique en la sortant de la logique financière et d’autre part d’imposer une charte éthique dans le cadre d’un pôle public du médicament. Dans cette charte éthique, nous proposons d’y inclure le devoir de recherche y compris dans des axes thérapeutiques non rentables, mais aux besoins recensés en France, en Europe comme dans le Monde. Et en cas de non respect, il sera imposé une mise à disposition des brevets pour une exploitation publique.

Un tel Pôle ne peut exister sans démocratie, avec l’intervention des salariés, des élus, des associations…, qui seront la garantie du respect de cette charte éthique.

Une entreprise nationale articulant recherche, production et distribution des médicaments doit voir le jour dans le cadre d’un projet européen ambitieux qui trouverait tout son sens ici. Un Pôle public européen sur le même modèle, permettrait d’établir une réelle coopération européenne des découvertes et inventions scientifiques.

La gestion de cet organisme doit être démocratique (représentants syndicaux, associations, élus, citoyens…) afin que les objectifs et leurs mise en œuvre soient contrôlés démocratiquement.

Les procédures d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et l’évaluation du prix des médicaments devront être transparentes et réalisées par une structure publique. Il faut mettre fin à l’hypocrisie sur le concept de médicament utile et repenser celui de générique. Si des médicaments sont jugés inefficaces, voir dangereux, il faut les sortir du marché et rembourser tous les autres à 100 % !

Cela nécessite de proposer un nouveau rôle à l’Organisation mondiale de la santé au service des populations et non des trusts pharmaceutiques comme nous l’a montré la « pandémie de grippe H1N1 ». Il faut en finir avec les rapports de domination des pays riches sur les pays pauvres.

Ce n’est surement pas avec les Assises du médicament mis en place par Xavier Bertrand pour faire oublier l’affaire du Médiator, que viendra une telle reforme de notre système de santé, mais bien par l’intervention des syndicats, des associations d’usagers, des professionnels de la santé, de la recherche et de l’industrie pharmaceutique avec l’appui des élus. Nous vous y invitons dés à présent à nous rejoindre pour poursuivre cette réflexion.

 

 

 

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