Commission santé du Parti communiste français

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Soirée du 2 octobre pour les 70 ans de la Sécurité sociale - introduction d'Evelyne Vander Heym au titre de la commission Santé/protection sociale du PCF

 

Notre initiative de ce soir, à l’occasion du 70é anniversaire de la Sécurité sociale, s’inscrit dans l’action passée et présente du PCF, avec déjà un capital de travaux et d’initiatives, pour :

  • Favoriser une démarche de reconquête offensive, dans la permanence

  • Sur la base d’une réappropriation collective de ce bien commun inestimable

  • Dégager, si possible quelques axes de mobilisation partagées pour un bataille d’envergure…

Le 70é anniversaire de la Sécurité sociale fait l’objet d’un discours éhonté. L’imposture politique, camouflée derrière une imposture sémantique est évidente, au regard de la politique poursuivie depuis 2012 et des projets en discussion actuellement.

Néanmoins, les mots « choisis » pour « faire de gauche » nous donnent la mesure de l’attachement populaire aux principes originels de la Sécu. Pour illustrer, appréciez le discours de Marisol Touraine pour « lancer » le 70é anniversaire : 

« Célébrer les 70 ans de la Sécurité Sociale, ce n’est pas regretter avec nostalgie un passé révolu…Cette idée est née de l’espoir d’un monde meilleur…La solidarité, c’est une grande ambition…C’est un grand progrès…Parce que 70 ans après sa naissance, la Sécurité sociale reste d’une formidable modernité, plus que jamais au cœur de notre pacte républicain…La Sécurité sociale, ce n’est pas l’Etat et ce n’est pas non plus le marché…La Sécurité sociale est dans notre ADN : elle fonde notre identité sociale, elle est notre fierté et notre bien commun. » !!

Mon propos introductif n’est pas d’égrener les projets destructeurs de « ce bien commun » En témoignent seulement la loi Touraine qui risque d’enterrer notre système hospitalier public…et le PLFSS 2016 qui va entériner- encore- une baisse de plus de 7 milliards de dépenses d’Assurance maladie pour financer le « pacte de responsabilité »….

Il s’agit de tenter de présenter une démarche, un socle de propositions cohérentes, urgentes, susceptibles de crédibiliser une démarche de reconquête, d’élargissement de notre système de Sécurité sociale, pour dynamiser un rassemblement unitaire…

«  L’ambition est d’assurer le bien-être de tous de la naissance à la mort, de faire de la vie autre chose qu’une charge, un calvaire… » disait souvent A. Croizat

Si « un plan complet de la sécurité sociale.. », objectif du CNR, est aujourd’hui une ambition inachevée, n’est pas là le socle d’un projet de société toujours d’actualité ?!

Ne doit-on pas y trouver les raisons profondes des tenants du grand capital financier- qui s’attaque tout pareillement aux services publics et collectivités territoriales- qui « produisent » des services non –marchands, « du vivre ensemble pour mieux vivre »…

L’acharnement du capital aujourd’hui sur les systèmes de sécurité sociale en Europe et particulièrement en France, n’est pas que financier –obéissant à la règle d’or de privatiser tout espace de marché potentiel. Il est aussi politique idéologique : extirper dans les consciences, les comportements, les attentes toute référence, toute approche concrète aux valeurs de solidarité, d’universalité en réponse aux besoins sociaux.

Ce n’est pas seulement le niveau des droits qui est en cause, mais les droits eux-mêmes

Derrière le démantèlement « méthodiquement » orchestré de la Sécu, c’est un nouveau modèle de société qui se dessine, et qui tourne le dos aux espérances et l’innovation sociale des femmes et des hommes « des jours heureux ».

Pris avec cette hauteur de vue, quelques soient la nature et le niveau de notre engagement, nous pouvons toutes et tous nous retrouver sur l’affirmation que la bataille pour la SECU n’est pas une bataille mineure et/ou ponctuelle, conjoncturelle selon les axes d’attaques du gouvernement, du patronat.

Effectivement, ce n’est pas la nostalgie qui doit nous animer ! Mais il ne s’agit pas non plus de renier ce que nombre de militants communistes, de syndicalistes CGT ont « défendu bec et ongles », au lendemain de la deuxième guerre mondiale, et cela jusqu’à la mise en œuvre des ordonnances des 4 et 19 octobre 1945…

Tout est fait aujourd’hui pour escamoter, dénaturer ce qui fait de la Sécurité sociale française « une idée neuve et d’avenir » :

  • « Un plan complète de sécurité sociale » bât sur l’unicité des caisses et des régimes…toujours pas réalisée, bien que la Sécurité sociale soit mise à forte contribution financière et de gestion pour certains régimes ; un système unique pensé comme la mutualisation jusqu’au bout des cotisations…

  • Un principe de base hautement révolutionnaire : « je cotise selon mes moyens et reçois selon mes besoins » ; une solidarité intra et intergénérationnelle en rupture avec le principe assurantiel remis au « goût du jour » par les complémentaires obligatoires de Hollande /Touraine…

  • Un système universel conçu sur l’égalité des droits, si antinomique avec la logique d’assistance sociale promue à travers la remise en cause, notamment de la politique familiale de 1945

  • Enfin la démocratie sociale, en instituant, dès le programme du CNR, le principe de gestion directe pat les travailleurs eux-mêmes

C’est le mode de financement qui cimente l’ensemble de ces principes indissociables dans l’esprit des créateurs de la Sécu, jusqu’au fondement : la cotisation.

Gageons que Hollande et les tenants de la doxa ultra-libérale oublieront de rappeler ce que les ordonnances de 1045 ont édicté :

« La cotisation sociale est un prélèvement sur la richesse créée par le travail dans l’entreprise, qui n’est affecté ni aux salaires ni aux profits mais mutualisé pour répondre aux besoins sociaux des travailleurs…indépendamment de l’Etat et de la négociation collective et dont le montant est calculé à partir des salaires versés »

Ce sont ces principes qui font de la Sécurité sociale « une loi humaine et de progrès ».

Ce sont ces principes dans leur dynamique concrète et leur finalité qui sont méthodiquement attaqués, démontés par le patronat et les gouvernements qui se sont succédés depuis au moins 1967, et particulièrement par ce gouvernement social-libéral zélé serviteur du Medef

Ce sont ces principes, mis en oeuvre jusqu’au bout qui peuvent redonner de l’efficacité économique et sociale à un système de sécurité sociale à la hauteur des besoins d’aujourd’hui…OU, alors nous basculerons dans l’ignominie du chacun pour soi et un capitalisme meurtrier triomphant à l’exemple de la Grèce, où les chômeurs sont exclus du système de soins !

Nous n’avons pas à décider ou non, de la « bataille pour la Sécu » ; elle s’impose à nous par l’intensité et le spectre même des attaques,

-par le niveau et la nature des atteintes à la santé, au système hospitalier public, aux retraites, la famille…

- par l’agressivité jamais atteint du capital financier pour spolier la majorité de la population au nom de « compétitivité des entreprises », enfin

- par la généralisation des comportements autoritaires et anti-démocratiques pour déposséder les salarié-e-s, la population de leur pouvoir d’intervention, de maîtrise de leur vie, de leur travail et du produit de leur travail…

RESISTANCE ET BATAILLE POUR DES ALTERNATIVES d’urgence et structurelles sont bien les deux faces des luttes actuelles, aussi diverses, dispersées inégales soient-elles !

A travers ces mobilisations syndicales, politiques, associatives, de coordinations nationales, se posent la question d’une Sécurité sociale bien assises sur ses trois piliers :

  • Réponses aux besoins d’aujourd’hui, défis du vieillissement de la population, des progrès scientifiques et technologiques…

  • Un financement élargi garantissant universalité et solidarité basé sur la cotisation…

  • La démocratie, à tous les niveaux…

Toutes et tous, nous nous côtoyons, nous nous épaulons pour mener des luttes de résistance, dans les comités de défense des hôpitaux, des maternités, dans les syndicats, NSED, le Front de Gauche…

Nous sommes souvent dans la situation de répondre aux coups, aux conséquences des politiques anti-sociales. Mais nous avons quelques difficultés à nous retrouver sur une bataille offensive, idéologique pour promouvoir des solutions alternatives, ensemble

Et pourtant, les questions de santé, de protection sociale viennent en deuxième position dans les préoccupations de nos concitoyens, après l’emploi ; l’attachement aux hôpitaux publics, les maternités de proximité… se manifestent partout…La Sécu est indissociable dans la conscience du plus grand nombre avec égalité d’accès aux soins, universalité des prestations, des droits imprescriptibles…

Autant de points d’appui, d’atouts pour mener des batailles rassembleuses, notamment autour d’exigences urgentes, et ressenties comme telles pour un nombre croissant :

  • Suppression des franchises et des forfaits, de dépassements d’honoraires

  • Véritables remboursement des lunettes, soins dentaires et audition

  • Généralisation du tiers payant par la CNAM

  • Aller VITE vers le remboursement à 100% des soins prescrits, tous les soins

  • Combattre pied à pied la mise en œuvre des GHT de la loi TOURAINE, en s’appuyant sur les usagers, la population et les élus

  • Quant à la mainmise des grands labos sur l’AM et leur lobbying meurtrier, n’avons-nous pas à faire grandir l’idée d’un pôle public du médicament ?

Nous serons compris, si nous « matraquons » l’affirmation que le déficit de la SECU « c’est d’abord un problème de recettes ! »

Alors, exigeons plus fort, qu’il faut en finir avec la fraude patronale (20 milliards selon la CC !), les quelques 300 milliards d’exonérations patronales qui, depuis plusieurs années se sont accumulées (30 milliards en 2015)

Alors que démarre la « discussion » sur le PLFSS 2016 deuxième année pleine de financement du pacte de responsabilité, avec un ONDAM à 1,75%, une revendication à effet immédiate mériterait d’être mieux diffusée : la « taxation » des profits financiers aux taux actuels des cotisations employeurs : soit plus de 87 milliards ! De quoi respirer avant d’entamer la grande bataille pour réformer le système de cotisations patronales et restaurer un cercle vertueux !

Nous devons dépasser la posture de « scandalisés » ou de « sidérés » face à l’ »énormité » des profits financiers, de leur évasion…

L’URGENCE est bien de structurer une grande bataille rassembleuse autour de ces propositions qui relèvent de l’exigence majoritaire, de la volonté politique !

  1. Nous serons compris

  2. Elles sont à effet immédiat

  3. Elles ouvrent la voie, dans la confiance, à d’autres disponibilités, de compréhension et d’action pour mener les contre-offensives pour des réformes structurelles de progrès

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